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Aujourd'hui j'ai passé une bonne partie de ma journée à l'institut. Ma chef essaye tant bien que mal de me trouver des cours. Un cours va peut-être se doubler. Ah non, je ne peux pas le faire car j'en ai pris un autre qui dure moins longtemps (= moins d'argent..) et puis là il y a un cours privé à 8h du mat' le samedi. On prend ce qu'il y a. Un cours qu'on doublera si on a une personne qui s'inscrit en plus, on attend de voir. Ah ben non finalement, pour cette personne non-inscrite, on ne te donnera pas de cours en plus. On court après des bouts de chandelles avec lesquels on jongle constamment. Voilà, la vie de prof de FLE. 

Puis il y a ce Français qui se plaint car il faut courrir après les boulots, et se lever à 6h (wow, welcome to the world!) pour passer des entretiens à 8h du mat, vous vous rendez-compte des efforts surhumains qu'il faut faire?! Non alors lui préfère laisser passer les boulots pour ne pas devoir en faire autant. J'ai failli exploser en lui gueulant que p*tain ça fait 4 ans que je me lève à 6h du mat' tous les jours en moyenne, que je me tape X moyens de transports pour arriver à 7h et quelques à mes écoles, que je taffe jusqu'à 21h et que je ne me plains pas autant! (n'est-ce pas?!!.. ERM) BREF. Un état d'esprit made in France que je fuis tant bien que mal. L'état d'esprit du:"je veux tout à moindre effort". Il a fini par remarquer que plus personne ne l'écoutait à la fin et nous a demandé de lui dire de fermer sa gueule. C'est bien, il a réalisé au moins. BREF bis.

Puis il y a ces 3 profs qui courrent après le même taf: 5 heures jetées du bout des doigts dans une université non-réputée de banlieue. Une compétition. "Qui veut gagner des heures?" Jusqu'où iront-ils? A suivre. Puis il y a ces 3 autres profs qui se partagent [toujours] le gâteau des heures - et qui se filent les meilleures combines entre eux. Esprit de clan. 

Puis il y a ces copies de lycéens qui sont si mauvaises - faut dire ce qui est. 

Est-ce que le jeu en vaut toujours la chandelle? 

Partir-oui-mais-pourquoi-Leave-yes-but-why

Cette ville je l'adore. Cette ville je la connais trop bien. Les années ont défilé. Je viens à la fin, je crois que j'ai réalisé ce que je voulais y réaliser: j'ai eu mon PGCE, j'ai eu mon NQT, j'ai eu mon école sélective, j'ai eu mon lycée, j'ai eu mon institut. Je n'ai pas eu l'université, ce que j'aimerais être la dernière étape. Ce soir en rentrant à pied sous la pluie, je me suis dit, plus que jamais, il faut que je retrouve cette force, cette motivation que j'ai au plus profond de moi, de repartir. De recréer. De revivre. Ici, je me laisse vivre, c'est confortable. Alors je me dis que ça fait peur. J'ai déjà repoussé cette année. Mais j'ai déjà fait pire avant. Partir pour quoi? Pour du nouveau. Un grand ménage. Je me dis que je deviens trop vieux. Puis je me dis que si mon amie Steph (mon grand mondèle vadrouilleuse) l'a fait encore et encore, pourquoi pas moi! Je l'ai déjà fait 5 fois avant, pourquoi pas à nouveau. J'ai mes envies d'Australie, d'USA, d'Ecosse... Alors cette année c'est décidé: JE ME BARRE! ! ! Et si je ne le fais pas d'ici septembre 2014, lapidez-moi! ! ! A suivre!!..